Entreprendre sa vie : comment passer de l’Ikigai à un projet entrepreneurial concret
Et si votre singularité ne trouvait pas sa place… mais vous invitait à la créer ?
Il y a un moment particulier dans un chemin de transformation.
Celui où il ne s’agit plus uniquement de mieux se connaître.
Ni simplement de retrouver du sens.
Mais de trouver une manière de faire exister ce que vous êtes… dans la réalité.
Vous ne cherchez plus seulement votre IKIGAI.
Vous cherchez aussi à en vivre.
C’est pourquoi vous devez :
comprendre ce qui vous anime profondément,
identifier ce qui vous rend singulière,
et commencer à voir comment cela pourrait prendre forme, concrètement.
Et c’est précisément là que quelque chose se joue.
Parce que vous savez pourquoi vous voulez partir. Mais le “pour quoi” — celui qui relie qui vous êtes à ce que vous allez créer — reste encore à construire.
Vous savez pourquoi vous partez… et vous pressentez que la suite passera par vous
À ce stade, une chose est claire :
- vous ne souhaitez plus mettre votre énergie au service d’un cadre qui ne vous correspond pas.
Ce n’est pas une impulsion : c’est une prise de conscience.
un décalage de valeurs devenu trop important
une perte de sens difficile à compenser
une envie de contribuer autrement
Et en parallèle…
- une autre évidence émerge : vous ne cherchez pas seulement un autre travail.
Vous souhaitez créer quelque chose qui vous ressemble — et qui puisse, à terme, vous faire vivre.
Trouver son IKIGAI… et apprendre à le rendre vivant
C’est ici que beaucoup de chemins s’arrêtent trop tôt.
Parce que découvrir ce qui fait sens pour soi est une étape essentielle.
Mais insuffisante.
Trouver son IKIGAI est une chose : trouver comment le rendre vivant — et viable — en est une autre.
Cela suppose de faire dialoguer plusieurs dimensions :
ce que vous aimez profondément,
ce en quoi vous êtes naturellement douée,
ce qui a du sens pour vous,
et ce qui peut répondre à un besoin réel en termes de valeur.
Cet équilibre ne se décrète pas. Il se construit.
Quand le projet dépasse le travail
Je pense à Guillaume, que j’ai accompagné.
Il travaillait dans un grand groupe industriel international, très structuré, très performant, présent dans de nombreux pays.
Un environnement exigeant, stimulant intellectuellement, mais aussi très normé, avec des responsabilités importantes et de nombreux déplacements.
Sur le papier, tout était là.
Le désalignement aussi. Mais pas uniquement dans son travail, il s’était progressivement diffusé dans son quotidien et concernait finalement toute sa manière de vivre.
Très vite, une évidence est apparue : il ne voulait pas seulement changer de métier, il avait besoin de repenser sa manière d’exister.
L’idée n’était pas de tout abandonner, sa famille avait toujours été une priorité, même s’il n’avait jamais pu honorer celle-ci comme il l’aurait souhaité, en raison de ses déplacements fréquents notamment.
Ce qui émergeait chez lui était plus profond :
retrouver un lien concret avec la nature,
exercer un travail tangible, ancré, engagé,
transmettre des convictions, une manière de faire, une chose qu’il aurait construite …. la forme resterait encore floue quelques temps.
Puis, très vite, l’idée d’un départ à la campagne s’est imposée.
Avec évidence. Et avec joie. Pour tous.
Dans un premier temps, il ne s’agissait pas de décider, mais de comprendre.
Peu à peu, un fil rouge a émergé : “Préserver le vivant et réhabiliter les savoir-faire, pour recréer du lien entre les générations.”
Mais entre cette vision… et une activité concrète, il y avait encore un monde.
Plutôt que de précipiter les choses, une étape simple a été posée : aller vivre une saison de vendanges.
Se confronter au réel. Sentir. Vérifier.
Il en est revenu transformé.
Et – disons le - éreinté ! Mais profondément enthousiaste et … fier. Sentiment qu’il n’avait plus ressenti depuis trop longtemps.
De l’intuition à la construction
Ce n’est qu’après cela que le projet a pris forme. Non pas comme une idée abstraite, mais comme une direction incarnée, avec le projet de
reprise d’un petit domaine ancien,
volonté de le faire revivre,
création de liens avec des écoles et un lycée agricole,
transmission concrète, vivante.
Et surtout : une vision suffisamment claire pour être mise en mouvement.
Pas parfaite.
Mais suffisamment solide pour exister.
Ce type de transition demande plus qu’un élan, elle procède d’un besoin plus profond : celui de ne plus uniquement d’adapter à un cadre existant, celui de commencer à créer le vôtre.
Et cela implique :
d’accepter de ne pas tout maîtriser,
de confronter vos idées au réel,
d’ajuster, parfois de renoncer,
de construire dans la durée,
Et de tisser un lien subtil entre “ce qui fait sens pour moi” à “ce que je peux créer pour ce monde/ ce à quoi je peux contribuer dans ce monde / ce que je suis et que je pourrai proposer au monde. »